Les pistes cyclables nuisent-elles aux commerces locaux ? Ce que les études contrôlées montrent réellement
- Jonathan Lansey
- August 18, 2026
- 20 mins
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TL;DR ;
- Les meilleures données nord-américaines montrent que les pistes cyclables ont en général des effets positifs ou statistiquement non significatifs sur les commerces de détail et de restauration à proximité.12
- Les ventes, l’emploi, les vacances, les visites et les opinions mesurent des choses différentes ; aucun indicateur unique ne tranche la question.
- Sur Bloor Street à Toronto, les dépenses des clients ont augmenté à peu près autant que sur une rue témoin, tandis que les arrivées à vélo ont presque triplé.3
- Les commerçants surestiment souvent la part de clients venant en voiture, mais les enquêtes peuvent tout de même révéler de réels problèmes de chargement et d’accès.34
- Les perturbations dues aux travaux et la rue une fois achevée sont deux traitements différents et doivent être mesurées séparément.5
Le débat porte en général sur une seule place de stationnement
Lorsqu’une ville propose une piste cyclable sur une rue commerçante, l’argument économique commence souvent par une soustraction frappante : ce projet supprime 20 places de stationnement. Les ajouts potentiels – davantage de personnes passant devant les vitrines, des traversées plus sûres, des déplacements courts facilités, des visites plus fréquentes – sont plus difficiles à anticiper avant l’existence de la piste. Une place de stationnement en bordure de trottoir est concrète ; un futur client est statistique.
Cette asymétrie aide à expliquer pourquoi le débat peut se figer bien avant la collecte de preuves. Un commerçant en difficulté peut affirmer de bonne foi que ses ventes ont baissé après un réaménagement. Une ville peut affirmer de bonne foi que les ventes ont augmenté sur l’ensemble du corridor. Les deux affirmations peuvent être vraies si une entreprise a perdu des clients pendant que d’autres en gagnaient, ou si un boom sans rapport avec le projet a dynamisé la rue tandis que le projet la freinait légèrement.
La question utile n’est donc pas simplement : « Les ventes ont‑elles augmenté ? » Elle est : qu’est‑ce qui serait arrivé à ces commerces au même moment sans la piste cyclable ? Les chercheurs ne peuvent pas refaire l’histoire, mais des corridors de comparaison, des données avant/après, des modèles en différence‑en‑différences et des séries chronologiques interrompues peuvent construire un contrefactuel crédible.12
C’est l’objet de ce texte. Notre article plus général sur les bénéfices économiques du vélo ajoute les coûts des ménages, la santé, les infrastructures et les effets régionaux. Celui‑ci reste à l’échelle des vitrines : ventes, emploi, vacances, clientèle, et limites des affirmations selon lesquelles un marquage au sol aurait causé quoi que ce soit.
Six bilans, six questions différentes
« Impact sur les affaires » n’est pas un résultat unique. Un restaurant peut servir davantage de clients mais gagner moins si le montant moyen des additions baisse. Les ventes peuvent augmenter alors que l’emploi diminue parce que le propriétaire automatise ou travaille plus d’heures lui‑même. Un corridor peut présenter un faible taux de vacance parce que les propriétaires ont baissé les loyers, ou des loyers élevés parce que la rue est florissante – mais la hausse des loyers peut aussi chasser précisément les commerces que le projet était censé aider.
La revue de littérature de 2021 par Jamey Volker et Susan Handy recense des études qui utilisaient les ventes, les comptages de clients, les dépenses déclarées, l’emploi, la vacance, les valeurs immobilières, les ouvertures et les perceptions des propriétaires.1 Ces mesures sont complémentaires, non interchangeables.
| Mesure | Question à laquelle elle répond | Principal atout | Principal piège |
|---|---|---|---|
| Ventes ou taxe sur les ventes | L’argent reçu par les entreprises a‑t‑il changé ? | Directe et relativement rapide | L’inflation, la saisonnalité, le turn‑over des entreprises, les ventes en ligne et la confidentialité peuvent fausser la comparaison |
| Emploi et salaires | Les entreprises du corridor ont‑elles ajouté des emplois ou de la masse salariale ? | Souvent disponible sur de nombreuses années | Indicateur retardé ; les données au niveau du bloc peuvent être bruitées ou ajustées pour la confidentialité |
| Vacances et loyers | Les locaux commerciaux sont‑ils devenus plus faciles à louer ou plus valorisés ? | Rend compte de la durabilité du corridor | Les baux évoluent lentement ; la hausse des loyers peut signaler à la fois succès et déplacement |
| Comptages de clients et fréquence des visites | La fréquentation ou les visites répétées ont‑elles changé ? | Révèle les flux piétons et les habitudes d’achat | Plus de visites ne garantissent pas plus de revenus ; les auto‑déclarations sont approximatives |
| Mode de déplacement des clients | Comment les clients sont‑ils réellement arrivés ? | Met à l’épreuve l’importance supposée du stationnement | Repose en général sur de courtes enquêtes interceptées et peut manquer certaines saisons ou heures de la journée |
| Perceptions des commerçants | Qui déclare un bénéfice, un préjudice ou des problèmes d’accès ? | Détecte des problèmes que les données agrégées peuvent masquer | Les biais de mémoire, d’attribution et de réponse volontaire affaiblissent les affirmations causales |
Une évaluation convaincante utilise plusieurs bilans. Elle devrait définir un corridor traité et un corridor de comparaison réellement similaire avant les travaux ; recueillir au moins un an de données de base et de préférence deux ans ou plus après ; distinguer le commerce de détail, la restauration et les activités auto‑orientées ; et rapporter l’incertitude plutôt que de traiter toute hausse ou baisse comme un effet.1 Les chercheurs doivent également tester si les deux corridors évoluaient en parallèle avant le projet – hypothèse clé d’un dispositif en différence‑en‑différences.
L’analyse de séries chronologiques interrompues suit une autre voie : elle demande si le niveau ou la tendance d’un corridor change à la date de l’intervention par rapport à sa propre longue histoire. Cela évite de choisir une mauvaise rue témoin, mais nécessite de nombreuses observations et peut tout de même confondre un choc simultané – pandémie, grand projet immobilier, fermeture de transport en commun ou chantier de réseaux – avec un effet de piste cyclable.2
Ce que disent les preuves d’ensemble
Volker et Handy ont identifié 23 études nord‑américaines qui soit comparaient les dépenses selon le mode de déplacement, soit mesuraient l’évolution économique locale après des aménagements cyclables ou piétons. Quinze études d’impact couvraient 35 aménagements cyclables, ainsi que des projets piétons et mixtes. Dix utilisaient à la fois des données avant/après et des témoins ; six y ajoutaient des tests statistiques.1
Leur synthèse n’a pas mis en évidence d’effet négatif général sur le commerce de détail. Le schéma d’ensemble est positif ou statistiquement non significatif pour les commerces de détail et de restauration, y compris pour des projets qui supprimaient du stationnement ou des voies de circulation. Parmi les 35 aménagements cyclables, 20 présentaient des effets rapportés positifs, 10 des effets indéterminés ou non significatifs, et cinq des effets négatifs rapportés. Fait crucial, les trois études à l’origine de ces cinq cas négatifs présentaient des limites méthodologiques qui empêchaient de tirer des conclusions statistiquement fondées sur la causalité.1
C’est plus solide que « certains commerces se sont bien portés après la création d’une piste cyclable », mais moins que « les pistes cyclables dynamisent toujours le commerce ». La littérature reste un ensemble modeste d’études hétérogènes de corridors, non une expérimentation randomisée couvrant tous les types de rues.
Quatorze corridors, six villes, plusieurs réponses
Le plus vaste effort coordonné aux États‑Unis a porté sur 14 corridors à Portland, Seattle, San Francisco, Memphis, Minneapolis et Indianapolis. L’équipe de la Portland State University a combiné quatre sources de données possibles – registres fédéraux d’emploi, registres étatiques d’emploi et de salaires, taxe de vente de détail et estimations propriétaires d’établissements – avec des comparaisons de tendances, des modèles en différence‑en‑différences et des séries chronologiques interrompues.26
Tous corridors et méthodes confondus, les chercheurs ont généralement trouvé des effets positifs ou non significatifs sur les ventes et l’emploi. Les ventes et les emplois dans la restauration s’amélioraient souvent même lorsqu’une voie de circulation ou de stationnement était réaffectée.6 Le rapport est toutefois surtout précieux pour montrer à quel point les résultats peuvent varier selon le jeu de données. Les données publiques fédérales sur l’emploi couvrent de très petites zones mais incluent un bruit lié à la confidentialité ; les chiffres de ventes propriétaires sont des estimations ; les registres détaillés de taxes et de salaires sont précis mais souvent confidentiels. Un résultat qui n’apparaît que dans une seule source mérite moins de confiance qu’un schéma répété dans plusieurs.2
C’est aussi pourquoi le titre célèbre de New York – les ventes de détail ont augmenté de 49 % sur un tronçon réaménagé de la Ninth Avenue, tandis que les ventes à l’échelle de Manhattan n’augmentaient que de 3 % – devrait être considéré comme suggestif, non comme le rendement universel d’une piste cyclable protégée.7 L’étude économique ultérieure de la ville a amélioré le dispositif en comparant sept secteurs de projet à des corridors témoins appariés et à des tendances au niveau de l’arrondissement sur plusieurs années.8 De grands chiffres avant/après sont utiles en communication ; des tendances appariées sont meilleures pour l’inférence.
Bloor Street : une piste, un témoin et une leçon d’humilité
Le projet pilote de Bloor Street à Toronto est particulièrement utile parce que les chercheurs ont commencé à planifier l’étude avant l’installation et ont utilisé Danforth Avenue comme comparaison. En 2016, la ville a installé 2,4 kilomètres de pistes cyclables, supprimé une voie de circulation et 136 places de stationnement sur voirie, et offert aux chercheurs un test politiquement chargé de l’hypothèse sur le stationnement.39
L’équipe a mené 3 005 enquêtes auprès de visiteurs et 525 enquêtes auprès de commerçants lors de trois périodes de collecte, compté les vélos et recensé les locaux vacants en rez‑de‑chaussée avant et après l’installation. Ses indicateurs pointaient vers une économie de Bloor stable ou en amélioration :
- La part de commerçants déclarant au moins 100 clients le samedi est passée de 46 % avant l’installation à 62 % en 2017.
- Les visiteurs déclaraient venir sur Bloor environ trois jours de plus par mois après ajustement pour l’âge, le genre et la proximité ; la fréquence des visites n’a pas changé sur Danforth.
- Le taux de vacance des rez‑de‑chaussée de Bloor est resté à 6 % ; celui de Danforth est passé de 5,2 % à 3,4 %.
- La part de visiteurs arrivant à vélo est passée de 7 % à 20 %, tandis que la marche restait le principal mode à 48 % et la voiture à 10 %.9
Mais la conclusion honnête n’est pas que la piste a causé tous ces gains. Les dépenses ont augmenté à un rythme similaire sur Bloor et Danforth, et la croissance du nombre de clients rapportée par les commerçants était plus forte sur la rue témoin. L’analyse académique publiée a conclu qu’il n’y avait pas d’impacts économiques négatifs associés à la piste, tandis que le rapport de projet décrivait l’effet comme positif ou au moins neutre, car des facteurs plus larges pouvaient expliquer la croissance sur les deux rues.39
Bloor met aussi en lumière l’écart entre l’expérience des commerçants et le comportement des clients. Près de la moitié des commerçants interrogés se rendaient en voiture dans la rue, et une majorité pensait qu’au moins un quart de leurs clients arrivaient en voiture. Moins de 10 % des clients interceptés déclaraient être venus en voiture. Les commerçants exprimaient davantage de préoccupations concernant l’activité, la circulation et le stationnement ; les clients étaient généralement plus positifs.9
Ce décalage ne rend pas les commerçants irrationnels. Ils entendent directement le conducteur qui ne trouve pas à se garer, mais non chaque client de proximité qui vient discrètement à pied. Ils subissent aussi les livraisons, les déplacements domicile‑travail des employés et la perte d’accès au trottoir de manière que les enquêtes auprès des acheteurs peuvent ne pas saisir. Leur témoignage est indispensable pour repérer un mauvais dispositif de chargement ; il ne remplace simplement pas les mesures de modes de déplacement des clients ni les données de transactions.
Les perceptions et les performances peuvent évoluer en sens inverse
Cambridge (Massachusetts) offre un exemple récent particulièrement franc. Son étude de 2024 a comparé des corridors dotés de pistes cyclables protégées à des témoins en utilisant l’emploi selon le Census, les loyers et la disponibilité des locaux commerciaux, des estimations propriétaires de dépenses, des enquêtes auprès des entreprises et des enquêtes interceptées auprès des clients.10 Les jeux de données objectifs ont montré peu ou pas de différence systématique en matière d’emploi dans le commerce de détail, de loyers ou de disponibilité commerciale. La disponibilité a légèrement augmenté après l’installation dans une zone traitée, tandis qu’elle diminuait dans une autre.
En parallèle, les entreprises interrogées dans les zones traitées étaient nettement plus nombreuses que celles des zones témoins à signaler un recul de leur chiffre d’affaires. L’étude n’a pas pu valider ces perceptions à partir de données de ventes exploitables : les estimations propriétaires présentaient des valeurs manquantes et des variations invraisemblables allant jusqu’à un facteur 100. L’enquête couvrait la perturbation liée au COVID, une forte inflation et la hausse des taux d’intérêt, et les réponses volontaires peuvent ne pas représenter l’ensemble des entreprises.10
La bonne lecture n’est ni « les commerçants se trompaient » ni « les données ont prouvé un préjudice ». C’est que les indicateurs agrégés n’ont pas mis en évidence de pénalité systématique au niveau du corridor tandis qu’un sous‑ensemble de propriétaires signalait des difficultés que les données disponibles ne permettaient pas d’attribuer de façon causale. Notre article sur le Cycling Safety Ordinance de Cambridge traite du conflit politique et juridique ; l’étude économique montre pourquoi les villes devraient recueillir des données de base sur les ventes, le stationnement, le chargement et la clientèle avant que ce conflit ne commence.
Les moyennes masquent les gagnants et les perdants
La catégorie « commerce de proximité » regroupe un café servant les résidents du quartier, un restaurant de destination, un magasin de meubles, une station‑service, un garage de réparation et un plombier dont les camionnettes chargent au bord du trottoir. Un projet peut être neutre en moyenne tout en affectant ces activités de manière différente.
Une étude de régression menée à San Francisco a constaté que les aménagements cyclables et les évolutions du stationnement n’avaient généralement pas d’effet significatif sur les ventes une fois pris en compte les caractéristiques des entreprises, du corridor et du quartier. Mais les commerces d’ameublement et les activités liées à l’automobile situés sur les corridors dotés de pistes cyclables présentaient bien des baisses de ventes significatives. Les nouveaux restaurants et supermarchés affichaient des ventes supérieures à celles des entreprises antérieures aux aménagements, ce qui suggère une autre possibilité : les améliorations de la rue peuvent modifier la composition commerciale plutôt que simplement augmenter le chiffre d’affaires de chaque occupant existant.11
La revue plus large a mis en évidence des signaux d’alerte similaires pour les stations‑service, les ateliers de réparation automobile et de pièces détachées et les grands magasins d’équipement pour la maison, même si les preuves par sous‑groupe sont beaucoup plus limitées que le résultat principal sur le commerce de détail.1 Ces entreprises peuvent avoir besoin d’un accès automobile, de zones de chargement pour des produits volumineux ou d’un fort turn‑over au bord du trottoir, contrairement à une boulangerie. Les villes devraient répondre par la conception des dispositifs de fret et d’accès – aires de livraison bien situées, stationnement accessible, retrait sur rues adjacentes, créneaux de livraison et contrôle du stationnement – et non supposer qu’un résultat moyen pour le corridor protège chaque vitrine.
« Vitalité économique » ne doit pas non plus devenir un euphémisme pour « déplacement ». Des ventes plus élevées, une vacance plus faible et des loyers commerciaux plus élevés peuvent attirer l’investissement tout en évincant des locataires historiques ou à faible marge. Les études existantes sur les pistes cyclables disposent rarement d’un recul ou d’un niveau de détail suffisant au niveau des entreprises pour distinguer les effets d’agrément d’une évolution plus large du quartier.111
Le chantier n’est pas la piste cyclable achevée
Un chantier de reconstruction long peut bloquer des entrées, masquer des vitrines, dévier des bus, supprimer des aires de chargement, générer du bruit et modifier les schémas de circulation avant que quiconque ne profite de la rue plus sûre promise. Ce sont des coûts réels, en particulier pour les petites entreprises ayant peu de trésorerie.
Or beaucoup d’évaluations de pistes cyclables comparent une année de référence à une ou plusieurs années de projet achevé. Elles peuvent omettre l’intervalle de construction ou l’agréger dans une moyenne annuelle. Elles répondent ainsi à la question de savoir si le projet achevé a modifié la trajectoire du corridor ; elles ne prouvent pas que le chantier a été indolore.
Les données sur les travaux routiers illustrent cette distinction. Une étude dans la région de Tampa Bay, modélisant les ventes des établissements en fonction des volumes de trafic et des conditions économiques locales, a estimé qu’un chantier de réhabilitation routière de deux ans réduisait les ventes à proximité d’environ 2 % à 6 % pendant les travaux, avec des effets un peu plus importants pour les entreprises les plus dépendantes du trafic.5 Une revue ultérieure menée par le Minnesota Department of Transportation a conclu que la littérature sur les chantiers était contrastée et dépendante du contexte, les effets variant selon le secteur, la base de clientèle, la durée du projet et les conditions d’accès.12 Ni l’un ni l’autre ne fournit une estimation pour une piste cyclable – et c’est précisément le point. Les perturbations de chantier constituent un traitement distinct que les villes devraient mesurer et atténuer plutôt que d’en attribuer indéfiniment les effets au projet achevé.
Une mise en œuvre rapide par marquage et balises peut générer peu de perturbations ; des travaux lourds sur les réseaux et l’aménagement de la rue peuvent en créer pendant des mois. Les évaluations de projet devraient publier les dates de chantier, les analyser séparément, maintenir un accès piéton et livraison balisé, communiquer sur les changements de calendrier et envisager des subventions ou autres formes d’aide lorsque des pertes avérées sont importantes.
Comment tester une piste cyclable sans fausser les résultats
Un plan d’évaluation crédible peut être rédigé avant que quiconque ne connaisse la réponse :
- Choisir les corridors de comparaison à l’avance. Apparier la composition des activités, la densité, l’accès aux transports collectifs, les loyers, les tendances de ventes avant projet et les projets immobiliers proches – pas seulement la largeur de la rue.
- Documenter le bord de trottoir. Compter les places, l’occupation, le turn‑over, les zones de chargement, les places accessibles, le stationnement illicite et la capacité dans les parkings à proximité avant et après.
- Distinguer trois périodes. La situation de référence, le chantier et l’exploitation du projet achevé sont des expositions différentes.
- Mesurer plusieurs résultats. Utiliser les ventes ajustées de l’inflation, l’emploi, les ouvertures et fermetures, la vacance et les loyers, les visites, le mode de déplacement, ainsi que des enquêtes auprès des commerçants et des clients.
- Préserver les types d’activités. Publier des résultats distincts pour le commerce de détail, la restauration, les services à la personne, les biens volumineux et les activités auto‑orientées lorsque la confidentialité et la taille de l’échantillon le permettent.
- Tester le contrefactuel. Tracer les tendances pré‑projet, publier des intervalles de confiance, signaler les données manquantes et vérifier si les résultats résistent à d’autres choix de témoins et de délimitation des corridors.1210
Le résultat peut rester incertain. Une absence de résultat significatif peut signifier « pas d’effet économiquement significatif », ou au contraire que l’échantillon était trop petit et les données trop bruitées pour en détecter un. Les rapports devraient donner les tailles d’effet et les intervalles, et non utiliser « non statistiquement significatif » comme synonyme de « exactement nul ».
Le verdict défendable
Les meilleures preuves disponibles n’étayent pas la prédiction selon laquelle la réaffectation de places de stationnement ou d’une voie de circulation aux vélos dévasterait en général le commerce de proximité. Dans les études contrôlées et quasi expérimentales, la performance du commerce de détail et de la restauration est en général positive ou ne se distingue pas de façon détectable du contrefactuel.12
Le mécanisme est plausible mais non automatique. Les personnes qui marchent ou se déplacent à vélo peuvent dépenser moins par visite, mais revenir plus souvent ; une étude menée à Portland sur 78 restaurants, bars et supérettes a conclu que le mode de déplacement n’était pas un prédicteur significatif de la dépense par trajet après ajustement, tandis que les non‑automobilistes visitaient en moyenne plus fréquemment.4 Une rue plus sûre et plus calme peut élargir la base de clientèle de proximité, mais le résultat dépend de l’urbanisme, des connexions du réseau, de la composition des vitrines, du chargement et de la qualité de la mise en œuvre.
Dire que « les pistes cyclables sont bonnes pour le commerce » résume honnêtement la moyenne des résultats uniquement si l’on ajoute une note de bas de page. L’affirmation plus précise est : des pistes cyclables bien conçues sur des rues commerçantes causent rarement les graves dommages économiques prédits par leurs opposants, coïncident souvent avec des gains et peuvent néanmoins imposer des coûts concentrés ou temporaires que une bonne planification devrait détecter et corriger. Cette phrase est moins accrocheuse. Elle est aussi bien plus proche de ce que trouvent effectivement les études.
FAQ
Q. Les pistes cyclables réduisent‑elles les ventes de détail lorsqu’elles remplacent du stationnement ?
R. Les études contrôlées trouvent en général des effets positifs ou statistiquement non significatifs sur le commerce de détail même lorsque les projets suppriment des places de stationnement, bien que les activités auto‑orientées puissent être plus exposées au risque.1
Q. La piste cyclable de Bloor Street à Toronto a‑t‑elle aidé les commerces ?
R. Les clients, les visites et les dépenses ont augmenté sur Bloor, mais la croissance similaire observée sur la rue témoin signifie que la conclusion la plus prudente est l’absence d’effet négatif plutôt qu’un gain précisément mesuré.39
Q. Pourquoi les enquêtes auprès des commerçants et des clients divergent‑elles à propos de la voiture ?
R. Les propriétaires viennent souvent eux‑mêmes en voiture et entendent les plaintes sur le stationnement, tandis que les clients de proximité, fréquents, arrivant à pied ou à vélo, génèrent moins de frictions visibles.39
Q. Les travaux pour une piste cyclable peuvent‑ils nuire à une petite entreprise ?
R. Oui. Les perturbations de l’accès et du chargement peuvent réduire les ventes pendant des travaux lourds sur la rue, de sorte que les villes devraient analyser la période de chantier séparément de la piste achevée.512
Références
Footnotes
-
Volker, Jamey M. B., and Susan Handy. “Economic Impacts on Local Businesses of Investments in Bicycle and Pedestrian Infrastructure: A Review of the Evidence.” Transport Reviews 41, no. 4 (2021): 401–431. doi:10.1080/01441647.2021.1912849. ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5 ↩6 ↩7 ↩8 ↩9 ↩10 ↩11
-
Liu, Jenny H., and Wei Shi. Understanding Economic and Business Impacts of Street Improvements for Bicycle and Pedestrian Mobility: A Multi-City Multi-Approach Exploration. National Institute for Transportation and Communities, 2020. doi:10.15760/trec.248. ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5 ↩6 ↩7
-
Arancibia, Daniel, Steven Farber, Beth Savan, Yvonne Verlinden, Nancy Smith Lea, Jeff Allen, and Lee Vernich. “Measuring the Local Economic Impacts of Replacing On-Street Parking With Bike Lanes.” Journal of the American Planning Association 85, no. 4 (2019): 463–481. doi:10.1080/01944363.2019.1638816. ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5 ↩6
-
Clifton, Kelly J., Christopher D. Muhs, Tomás Morrissey, and Kristina M. Currans. “Consumer Behavior and Travel Mode: An Exploration of Restaurant, Drinking Establishment, and Convenience Store Patrons.” International Journal of Sustainable Transportation 10, no. 3 (2016): 260–270. doi:10.1080/15568318.2014.897404. ↩ ↩2
-
Concas, Sisinnio. “Assessing the Impact of Roadway Rehabilitation on Small Businesses.” Paper presented at the Transportation Research Board 97th Annual Meeting, 2018. ↩ ↩2 ↩3
-
National Institute for Transportation and Communities. “Analysis of Jobs, Wages, and Sales Along 14 Streets With New Bike Infrastructure in Six Cities Found Positive Impacts in Most Cases.” Transportation Research and Education Center, Portland State University, 2020. ↩ ↩2
-
New York City Department of Transportation. Measuring the Street: New Metrics for 21st Century Streets. 2012. ↩
-
New York City Department of Transportation. The Economic Benefits of Sustainable Streets. 2013. ↩
-
Toronto Centre for Active Transportation, University of Toronto, and partners. Economic Impact Study of Bike Lanes in Toronto’s Bloor Annex and Korea Town Neighbourhoods. 2017, updated 2019. ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5 ↩6
-
City of Cambridge and U.S. Department of Transportation Volpe Center. Cycling Safety Ordinance Economic Impact Study. January 2024. ↩ ↩2 ↩3
-
McCoy, Raleigh, Joseph A. Poirier, and Karen Chapple. “Bikes or Bust? Analyzing the Impact of Bicycle Infrastructure on Business Performance in San Francisco.” Transportation Research Record 2673, no. 12 (2019): 277–289. doi:10.1177/0361198119850465. ↩ ↩2
-
Fonseca-Sarmiento, Camila, Raihana Zeerak, Robin Phinney, Barrett Clausen, Haiyue Jiang, and Jerry Zhao. Assessing the Economic Effects of Context-Sensitive Main Street Highways in Small Cities. Minnesota Department of Transportation, Report MN 2022-33, September 2022. ↩ ↩2